Michel Pidoux à Madagascar (1)

Dernière mise à jour : 19 mars

L’équipe de TamTam Phyto-aroma est heureuse de vous proposer une série d’articles qui traitera du récent voyage de Michel Pidoux à Madagascar. Pour initier ce parcours, nous souhaitons vous parler de la première session de formation organisée par le Minsan (Ministère de la Santé de Madagascar), soutenue financièrement par la fondation Mérieux et sous convention avec l’Association Arova (Aromathérapeutes du Vakinankaratra).




Formation par Michel Pidoux

Participants à la formation


La moitié des participants faisait partie de l’Association des Médecins Communautaires (un prochain article à ce sujet vous sera proposé) et venait de presque tout le territoire.

L’autre moitié représentait le Ministère : les membres présents faisaient partie du Service des Médecines Traditionnelles. Les agents de santé d’un district sanitaire d’Antsirabe sont venus se former.

En tout, 51 personnes ont participé à cette session de formation de 2 jours.




Focus sur Docteur Nina

Le Docteur Nina officie à Tana (comprenez Antananarivo, la capitale, pour les non-initiés). Elle a tenu à être présente à cette session de formation dans un éventuel esprit d’engagement dans la formation des personnels soignants (médecins, infirmiers, sages-femmes...etc.) en tant que vice-présidente d’APAROMA (Association des Professionnels de l’Aromathérapie dont nous parlerons dans un autre article plus en détails).

Docteur Nina (membre d’Homéopathie sans Frontières et nutritionniste) a pu intervenir et apporter son expérience de terrain. Il faut savoir qu’elle est intervenue dans la première étude observationnelle réalisée en 2020.


Fondement de la formation

Cette session était plutôt orientée pour un public ayant peu de notion en aromathérapie.




Une approche par l’olfaction


En introduisant l'olfaction à l’aveugle et ses effets cliniques, Michel Pidoux souhaite amener les participants à expérimenter leurs propres ressentis. A observer comment "sentir" agit sur eux-mêmes. Et sur leur conscience. Cette première approche est destinée à prendre conscience des aspects sensoriels et sensibles.


Systèmes nerveux, hormonaux et immunitaires

Cela permet à Michel d’introduire la notion de relation entre nerf olfactif – cerveau – système nerveux - système hormonal (hypophyse et hypothalamus) et système immunitaire. Cette première approche mène à une réflexion globale sur la santé qui se traduit par l’équilibre en biologie : les systèmes nerveux, hormonaux et immunitaires sont tous intimement liés. Et cette démonstration a lieu par ce premier pas olfactif.


La qualité de vie tient à l’équilibre du système nerveux autonome. Du ressenti des douleurs jusqu’à la spiritualité, il est impossible de traiter un organe sans traiter l’ensemble de la personne. Chacun(e) a son propre environnement physique et humain mais aussi ses propres pensées, représentations et symboles.


Cette prise de conscience est nécessaire pour la compréhension de ce qu’est vraiment le « prendre soin ». Michel tente de faire passer ce message fondamental tout au long de ces sessions. Nous y reviendrons plus loin.


Etudes de cas concrets


Ensuite, Michel propose des études de cas concrets à étudier en petit groupe de 2 à 3 personnes. Il passe en revue principalement tous les domaines infectieux. Rappelons que le sponsor de cette formation est la fondation Mérieux dont le domaine de prédilection est l’Infectiologie qui s’articule en 4 domaines : bactérie, virus, mycoses, parasites pathogènes.


Outils d’aide à la décision et fiches de renseignement

Michel propose des outils d’aide à la décision, notamment pour les non-médecins qui peuvent observer des symptômes chez un malade, pour aboutir si possible à un diagnostic. Il demande aussi aux participants de remplir une feuille de renseignement par cas rencontré. Ces feuilles permettent de mener une synthèse de chaque cas, avec le traitement aromatique prescrit et les résultats constatés en fonction du temps.

L’exploitation ultérieure de ces feuilles de renseignement dûment compilées permettent de tirer des conclusions de manière statistique.


Pour résumer, voici ce que Michel dit aux participants :


« Utilisez ces aides à la décision, réfléchissez à partir de celles-ci.

Vous pourrez mieux déduire et traiter ce cas par l’observation ».


Monographies des huiles essentielles

Mais... Michel propose également des monographies pour chaque huile essentielle contenant les informations suivantes : molécules principales, propriétés et des indications pour vérifier que tout se recoupe bien avec les outils présentés précédemment.

Pas plus de 10 huiles essentielles sont présentées et pour deux raisons :

d’une part, cela permet une meilleure connaissance de celles-ci au niveau thérapeutique. D’autre part, cela réduit le nombre de possibilités et évite de confondre les thérapeutes dans leur pratique.




Interactions entre huiles essentielles et pathologies

Depuis des années, Michel collecte des informations relatives aux interactions entre huiles essentielles et pathologies rencontrées. Ces compilations d’informations sécurisent les agents de santé en leur donnant une base de réflexion ainsi qu’une fourchette de sécurité. On y trouve aussi des alternatives d’usage selon l’âge et l’état de la personne. Par exemple, le palmarosa peut remplacer le tea tree à partir de 3 mois et chez la femme enceinte.


Notion de « prendre soin »


Michel insiste particulièrement sur la notion de « prendre soin » qui passe forcément par la prise en compte de la qualité de vie du patient (plusieurs aspects entrent en jeu : préventif, curatif, douleur, environnement).


La qualité de vie du patient

En effet, la qualité de vie fait partie intégrante du soin car elle peut aussi aider au fameux effet placebo. Comme le souligne Michel : « on ne refuse pas l’effet placebo en aromathérapie : on est dans la personnalisation des soins ». Cela suppose donc de parler avec le patient, de l’écouter et de proposer.


Pouvoir d’auto-guérison (= effet placebo)

Et il propose aussi une approche un tantinet plus avancée : la valorisation des caractéristiques personnelles pour pousser le patient à retrouver son autonomie pour développer sa confiance en son propre pouvoir d’auto-guérison et d’auto-responsabilisation. Oui, on peut appeler cette approche le fameux « effet placebo ».


Implication du patient

Clairement, l’implication du patient est primordiale tout au long de ce processus : la décision lui appartient. Il peut décider de faire ou de ne rien faire. Un thérapeute pourra aider par le soin mais jamais ne remplacera l’acte de volonté de la guérison.


Suite à cette formation

Mise en pratique et remontée du terrain

Afin que cette initiative ne se termine pas en coup de bâton dans l’eau, il s’avère indispensable que chaque participant (médecin, sage-femme, infirmier, agent communautaire...) puisse appliquer ce qu’il aura reçu comme savoir.

Et au-delà de la mise en pratique, une remontée du terrain grâce aux fiches de suivi proposées par Michel est primordiale.

Sans ces données « diagnostic/ symptômes – traitement – résultats », pas de statistique possible.


Par ailleurs, la fondation Mérieux attend chaque année un rapport sur la mise en pratique de l’aromathérapie anti-infectieuse.

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